Bitcoin production cost

Méthodologie et sources

Comment le modèle fonctionne, et pourquoi ces chiffres

Le graphique transforme des données publiques de la blockchain en une estimation du coût de production d’un bitcoin. Cette page documente les calculs, les hypothèses, les sources de données et la recherche qui les justifie.

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1 · Comment le modèle fonctionne

La plupart des graphiques de « coût de production » tracent une seule ligne et laissent entendre qu’elle forme un prix plancher. C’est trompeur pour deux raisons : les mineurs n’ont pas un coût unique, et ce coût varie avec le prix. Le modèle repose sur ces deux faits.

L’énergie par bitcoin

Prenons une machine d’efficacité E, mesurée en joules par térahash (J/TH). Quelle que soit sa part du réseau, elle dépense la même énergie pour gagner un bitcoin, car sa consommation et sa part de la récompense augmentent toutes deux avec sa puissance de calcul. Cette part s’annule :

énergie_par_btc(E) = Hréseau × E × 24 ÷ 1000 ÷ btc_par_jour [kWh par BTC]

Hréseau est la puissance de calcul totale (TH/s) et btc_par_jour l’émission quotidienne (la récompense de bloc, plus éventuellement les frais de transaction). Une puissance totale plus élevée signifie plus d’énergie par bitcoin pour tout le monde. C’est le canal de la difficulté, et il découle du calcul sans effort supplémentaire.

De l’énergie au coût

L’énergie devient de l’argent via le prix de l’électricité, auquel s’ajoutent les frais généraux et le matériel :

coût_élec  = énergie_par_btc(E) × PUE × Pélectricité (opérationnel)
coût_total = coût_élec × opex_mult + capex_par_btc (économique)

Le PUE représente le surcoût de refroidissement et de distribution électrique du centre de données ; opex_mult couvre les frais d’exploitation hors énergie (main-d’œuvre, maintenance, frais de pool). Le capex du matériel est une chronologie, pas une constante : un térahash coûtait environ 20 000 $ en 2013 et près de 15 $ en 2025. Le modèle porte donc un prix de machine par époque et l’amortit sur sa durée de vie. Les générations plus anciennes ont une valeur comptable résiduelle plus faible, si bien que le matériel entièrement amorti n’est pas facturé comme du neuf.

Le parc est une distribution

Il n’existe pas de mineur unique. Chaque jour, le modèle construit une répartition à deux dimensions : sur l’efficacité du matériel E, et sur le prix de l’électricité P que paient les différents opérateurs. Il en tire le coût total moyen, le coût d’électricité moyen, et la fourchette du 10e au 90e centile. C’est cette bande que le graphique rapporte, et qu’il faut lire.

La frontière d’extinction

Le coût de production est réflexif. Quand le prix baisse, chaque opérateur dont le coût d’électricité par pièce dépasse la valeur de la pièce éteint ses machines, car chaque bitcoin miné lui fait perdre de l’argent. La queue coûteuse disparaît, donc le coût moyen des mineurs encore en activité baisse avec le prix. Le modèle reproduit cela explicitement : chaque jour, il retire les cohortes dont le coût d’électricité dépasse le prix et renormalise sur les survivants. Le test d’extinction est opérationnel : un mineur continue tant que l’électricité coûte moins que le revenu, même quand le capex est en perte, parce qu’il est déjà engagé.

Le mineur marginal, celui qui fixe le prix, colle au prix par construction, car le pire survivant atteint tout juste l’équilibre au prix du marché. Il ne faut pas lire cette ligne comme « le coût prédit le prix ». La causalité va dans les deux sens. Les sorties informatives sont le coût total moyen et la bande.

Deux références d’efficacité

L’efficacité du parc est l’autre grande hypothèse. Le modèle propose deux sources. Le modèle matériel prend la meilleure efficacité disponible dans une chronologie de fiches techniques d’ASIC tenue à la main, et répartit le parc au-dessus. Le mode mesuré (CBECI) déduit plutôt l’efficacité moyenne réelle de l’estimation de puissance du réseau par Cambridge, divisée par la puissance de calcul, et façonne les cohortes autour de cette moyenne mesurée. « Mesuré » signifie ici externe et indépendant, pas relevé au compteur : le chiffre de Cambridge est lui-même une estimation.

2 · L’hypothèse sur le prix de l’électricité

La répartition par défaut des prix de l’électricité dans le parc est de 3 à 7 centimes de dollar par kWh, triangulaire, pondérée vers le bas. C’est le plus grand levier de subjectivité du modèle, il mérite donc des preuves plutôt qu’une affirmation. En mars 2026, nous avons mené une recherche structurée sur des sources primaires pour l’éprouver (voir la section 4).

En résumé : le centre de la fourchette est bien étayé, les extrémités sont trop serrées après 2022, et rien avant 2021 n’a pu être vérifié.

Le centre est juste

Tous les ancrages de moyenne vérifiés se situent entre 4 et 5 centimes, proches de la moyenne pondérée de la fourchette, environ 4,3 centimes.

AncrageValeurPériodeSource
CleanSpark, coût électrique tout compris (sites détenus)4,3 ¢T1 2024Dépôt SEC 8-K
TeraWulf, valeur par défaut du calculateur4,5 ¢T4 2024–T1 2025Relations investisseurs
Cambridge CBECI, hypothèse de moyenne mondiale5,0 ¢constanteMéthodologie CBECI
Hashrate Index, estimation de moyenne du secteur~4 ¢ → 5–6 ¢début 2022 → janv. 2023Recherche Luxor

La queue bon marché passe sous 3 centimes après 2022

Le site d’Odessa de Cipher achète son électricité sous contrat à prix fixe à environ 2,8 centimes. Riot a déclaré un coût électrique tout compris de 2,8 centimes pour l’ensemble de son parc en juillet 2025, net des crédits gagnés en revendant au réseau texan l’électricité sous contrat pendant les pics ; son chiffre annuel audité 2024 était de 3,4 centimes. Ces valeurs sous les 3 centimes sont des extrêmes saisonniers ou mensuels, et les crédits d’effacement ne se généralisent pas à tout le parc, mais l’extrémité basse est vérifiablement sous le plancher de 3 centimes du modèle.

La queue coûteuse dépassait 7 centimes en 2022–2023

Avant 2022, un contrat d’hébergement nord-américain typique offrait l’électricité tout compris à 5 ou 6 centimes. Pendant l’inflation énergétique de 2022, 8 à 9 centimes sont devenus courants et tout tarif sous 7,5 centimes passait pour une aubaine ; l’indice d’hébergement de Luxor tournait autour de 8,2 centimes au quatrième trimestre 2022. L’Antminer S19 Pro atteignait l’équilibre vers 9,2 centimes dans l’économie de fin 2022, et cette queue portait une vraie puissance de calcul. Même un mineur institutionnel bien géré, TeraWulf, a atteint 7,8 centimes en décembre 2024 lors d’un pic hivernal. Un plafond fixe à 7 centimes coupe un segment réel du parc ces années-là.

Bornes recommandées par époque

Si le modèle adopte des bornes variables par époque, le tableau ci-dessous est la recommandation. La distribution reste triangulaire et pondérée vers le bas ; seules les extrémités bougent.

ÉpoquePériodeBasModeHautConfiance
Amateurs2013–2014357faible (aucune preuve vérifiée)
Chine / Sichuan2015 – mi-2021357faible (non vérifiée)
Migration post-interdictionmi-2021 – début 20223,05,07,0élevée
Inflation énergétique2022–20232,55,59,0élevée
Institutionnelle, post-halving2024–20252,54,58,0élevée
Actuelle20262,54,57,0moyenne

Toutes les valeurs en centimes de dollar par kWh, tout compris.

Ce qui n’est pas établi

Aucune affirmation sur l’ère des amateurs (2013–2014) ou l’ère Chine/Sichuan (2015–2021) n’a survécu à la vérification. Des chiffres largement cités, comme l’hydroélectricité du Sichuan à 1 ou 2 centimes en saison des pluies, circulent partout, mais aucun ne provenait d’une source assez solide pour passer un contrôle contradictoire. La fourchette de 3 à 7 centimes appliquée à ces années repose sur une hypothèse. La part de puissance de calcul dans chaque palier de prix est elle aussi inconnue, si bien que la forme triangulaire relève de la supposition.

Une subtilité de modélisation justifie de garder la fourchette d’entrée large plutôt que déjà tronquée : la frontière d’extinction retire déjà les mineurs incapables de couvrir leur facture d’électricité. Les bornes d’entrée doivent décrire les prix offerts aux mineurs (contrats et tarifs d’hébergement) et laisser la logique d’extinction décider qui survit. Relever la borne haute ne prétend pas que ces mineurs étaient rentables ; le modèle les éteint quand le prix baisse.

3 · D’où viennent les données

Trois séries issues de la blockchain sont récupérées chaque jour, chacune depuis une chaîne de fournisseurs gratuits et indépendants ; le premier qui répond l’emporte.

Prix du bitcoin
blockchain.info, puis CoinMetrics, puis mempool.space (USD quotidien).
Puissance de calcul du réseau
blockchain.info, puis CoinMetrics, puis mempool.space (TH/s).
Frais de transaction
blockchain.info, puis CoinMetrics (BTC par jour, optionnel).
Récompense de bloc
le calendrier déterministe des halvings, calculé directement.
Efficacité du parc et capex
un CSV tenu à la main de l’efficacité et des prix de machines par époque, ou l’estimation de puissance Cambridge CBECI en mode mesuré.
Calibration sur coûts déclarés
le coût par BTC que les mineurs cotés (Riot, MARA, CleanSpark) publient dans leurs rapports trimestriels, plus des agrégats sectoriels, superposés en nuage de points.

4 · Comment la recherche a été menée

Les bornes de prix de l’électricité ont été éprouvées par une recherche structurée en mars 2026. La question a été découpée en cinq angles : dépôts primaires des mineurs, références méthodologiques, ère Chine/Sichuan, queue marginale de l’hébergement, et économie nette des crédits. Chaque angle a été exploré séparément ; 22 sources ont été récupérées et 107 affirmations factuelles extraites.

Les 25 affirmations les plus déterminantes ont ensuite été vérifiées de façon contradictoire : trois contrôles indépendants par affirmation, chacun cherchant à la réfuter, une majorité étant requise pour l’écarter. Vingt ont survécu ; cinq ont été réfutées et écartées. Les sources primaires (dépôts SEC, communiqués d’entreprise, méthodologie de Cambridge) ont été privilégiées sur les commentaires. Le compte rendu complet, y compris les affirmations réfutées à ne pas répéter, se trouve dans le dépôt à docs/electricity-price-bounds.md.

Trois affirmations n’ont pas survécu et ne doivent pas être citées : que le tarif par défaut de 5 centimes de Cambridge aurait été calibré à partir d’entretiens avec des mineurs (c’est une convention affichée) ; que la recherche sectorielle exigerait une électricité sous 5 ou sous 3 centimes pour la rentabilité en 2025–2026 ; et un chiffre précis de 3 centimes pour l’hydroélectricité du site paraguayen d’un opérateur.

5 · Les limites

C’est un modèle, pas une mesure. Personne ne connaît la facture d’électricité de chaque mineur, donc la répartition électrique et l’efficacité du parc sont des hypothèses, exposées en curseurs sur la version interactive justement parce que ce sont les principaux leviers de subjectivité. Le coût de production n’est pas un prix plancher : le prix peut passer en dessous, et il l’a déjà fait. La ligne marginale suit le prix par construction et ne doit pas se lire comme une prévision. Rien ici n’est un conseil d’investissement.

Les preuves vérifiées penchent aussi vers les mineurs cotés aux États-Unis, la tranche bon marché et bien capitalisée du parc mondial. Les mineurs privés, hébergés ou hors réseau portent une large part de la puissance de calcul et n’apparaissent qu’indirectement, via les tarifs d’hébergement.

6 · Sources

Recherche et chiffres à jour du rapport CoinShares T1 2026 (mars 2026).